ICARE - "Icare - Revue de l'aviation française - SALON 1971"

     Tribute Issue for Max Hymans

Par le colonel Maurice Buckmaster
Ancien Chef de Réseau

Le colonel Maurice Buckmaster est né à Regeley dans le Staffordshire en Angleterre.

Il fit ses études au collège d'Eton et l'université d'Oxford.

A ses débuts, il fut journaliste au "Matin". Par la suite, il entra chez Ford où il resta pendant trente et un ans. De 1932 à 1936, il exerça les fonctions de directeur pour Ford France.

Le colonel Buckmaster commandait, pendant la dernière guerre, la section française de la S. O. E. et fut responsable de tous les réseaux qui portent son nom (52).

Il est actuellement conseiller en relations publiques.

En Juin 1940, après la retraite...

En Juin 1940, après la retraite catastrophique des armées britanniques et alliées et le débarquement à Dunkerque et à Calais, il ne restait plus de troupes alliées en uniforme sur le continent européen, si l'on fait exception de la garnison minuscule qui se trouvait à Gibraltar.

Mais notre grand chef, Winston Churchill, loin de désespérer, formait déjà des projets pour la renaissance des pays occupés. Ainsi naquit à Londres une nouvelle organisation destinée à fournir autant que possible aux patriotes de ces pays les moyens d'achever à la longue la libération qu'ils désiraient aussi ardemment. Cette organisation, née dans la clandestinité la plus absolue, jouissait de beaucoup de nomenclatures différentes. Après la guerre, on l'a connue sous le nom de Special Operations Executive (S. O. E.).

La section Française de la S. O. E., vit le jour vers le mois d'août 1940, mais c'était seulement en mars 1941 que les douze premiers agents commençaient leur entraînement. Parmi ceux-ci se trouvait un nommé "George Noble", technicien de radio et d'origine française.

Nous l'avons choisi pour le rôle extrêmement important d'assurer une liaison par radio clandestin entre les patriotes que nous savions être nombreux et l'Etat-major Interallié de Londres.


George fut parachuté le 12 mai 1941 dans les environs de Châteauroux. Une des officiers de la section française, qui avait habité la France avant la guerre, comptait parmi ses amis beaucoup de gens dans la région : Max Hymans était de leur nombre et c'est à la maison de Max Hymans que envoyions George, certains qu'il y trouverait asile. Par malheur (et peut-être par manque d'expérience) la R. A. F. - qui par la suite développait un pilotage d'exactitude tout à fait remarquable - l'a parachuté à plus de 10 kilomètres de la maison, mais George, portant son appareil de radio, a pu atteindre la propriété de Max Hymans qui, aussi par malheur, était absent.

Le contact cependant fut établi très rapidement et Max a mis George en rapport avec le pharmacien de la ville, M. Renan, et ensuite avec le garagiste M. Fleuret, qui est devenu un pillier de la résistance régionale. Plus tard Max a reçu par parachute quatre agents britanniques qui devinrent célèbres en diverses régions de la France.

Mais Max se demandait déjà s'il ne pouvait pas mieux rendre service à la France en rejoignant le général de Gaulle à Londres. On l'a aidé à traverser les Pyrénées et s'est présenté à Londres vers Noël 1941. Pour moi, Max a toujours représenté le patriote français parfait. Nous sommes restés toujours, jusqu'à sa mort, des amis fidèles.

BUCKMASTER